Dans un environnement professionnel en perpétuelle mutation, les qualités relationnelles, la réactivité et la capacité d’adaptation ne sont plus de simples atouts : elles deviennent vitales. Parmi les compétences managériales les plus sous-estimées et pourtant décisives figure l’intelligence situationnelle.
Cette capacité à adapter son comportement, sa communication et sa posture selon le contexte, les interlocuteurs et les enjeux est au cœur d’un leadership moderne, efficace et humain. Elle combine à la fois lucidité, agilité émotionnelle, assertivité et sens du timing. Et si elle était la clé d’un management vraiment agile et pertinent ?
Comprendre l’intelligence situationnelle
L’intelligence situationnelle, c’est l’art de naviguer entre les attentes parfois contradictoires de son équipe, de sa direction et de ses clients, sans perdre le cap ni sa cohérence managériale.
Il n’existe pas une seule façon de manager il faut prendre en compte la situation et contexte et aller vers un management « adaptatif », qui dépend de la capacité à ajuster les pratiques aux situations internes et externes comme l’équipe, les valeurs de la société, les enjeux, les personnalités, mais aussi la concurrence, le marché, les attentes des clients, etc.
Et bien évidemment, on ne peut évoquer le management situationnel sans parler du leadership situationnel développé par Hersey et Blanchard.
Pour Hersey et Blanchard, deux critères sont à prendre en compte : la motivation et la compétence des collaborateurs.
Dans le modèle Hersey Blanchard du leadership situationnel, on va retrouver 4 types de management en réponse à 4 types de « combinaisons compétences / motivation » :
- Compétent et motivé : un management délégatif est préconisé
- Compétent et pas/plus motivé : management participatif
- Pas compétent et motivé : management explicatif
- Pas compétent et pas motivé : management directif
En fonction de la situation, un manager doit donc savoir adapter son type ou style de management. Hersey et Blanchard insistent sur le fait qu’il faut également analyser les différentes missions à mener pour prendre en compte aussi l’autonomie la maitrise. En effet, le « diagnostic » peut être totalement différent en fonction des tâches.
Les modalités clés de l’intelligence situationnelle ?
Un manager doit avoir un forte capacité d’observation et faire preuve d’écoute active. Concrètement, il doit réussir à faire la différence entre les faits, les opinions qui peuvent surgir de sources multiples et les émotions (propres à chaque personne).
C’est pour cela qu’il est nécessaire de savoir écouter, de mettre en place une stratégie de questionnement pour analyser une situation et réussir à prendre du recul, repérer les signaux faibles par exemple.
L’intelligence situationnelle peut s’appuyer sur trois piliers :
- L’observation fine du contexte, des dynamiques relationnelles et des signaux faibles ;
- La régulation émotionnelle, pour réagir sans sur-réagir, ajuster son discours et garder son sang-froid en toutes circonstances ;
- L’assertivité, pour affirmer une décision ou poser un cadre tout en respectant l’autre.
Cette posture permet de passer d’un management mécanique à un leadership vivant et adaptatif, capable de gérer les tensions, de mobiliser les équipes et d’accompagner les transitions sans heurter les personnes.
L’assertivité : une posture d’équilibre
Souvent confondue avec l’autorité ou la bienveillance, l’assertivité est une compétence relationnelle fondamentale pour les managers. Elle consiste à s’exprimer clairement, formuler son besoin, poser des limites, tout en respectant les opinions et les émotions des autres.
Un manager assertif sait dire non sans culpabiliser, recadrer sans blesser, encourager sans flatter. Dans les environnements complexes (hôpital, industrie, tech…), cette posture permet de sortir des non-dits, d’éviter les tensions larvées et d’instaurer un climat de confiance.
Mais attention : sans intelligence situationnelle, l’assertivité peut virer à la rigidité. C’est la capacité à ajuster le niveau d’intensité, de fermeté ou de diplomatie selon les situations qui fait la différence.
Le feedback : levier d’inspiration et d’engagement
Autre pilier de l’intelligence situationnelle : la pratique du feedback. Trop souvent perçu comme un moment formel ou inconfortable, le feedback est en réalité un geste relationnel puissant. Il permet de renforcer la reconnaissance, d’ajuster les comportements, de valoriser les réussites ou de redonner du sens.
Donner du feedback sincère, régulier, et surtout, adapté, en évitant les jugements personnels, en privilégiant l’observation et encouragent la progression ressemble à l’outil clé du manager agile.
Intelligence situationnelle : ça s’apprend !
Bonne nouvelle : comme l’intelligence émotionnelle, l’intelligence situationnelle n’est pas un don réservé à quelques élus. Elle se développe par l’expérience, la formation, le coaching et surtout… l’envie de progresser.
Quelques pistes pour la cultiver au quotidien :
- Prendre du recul avant d’agir : qu’est-ce que la situation exige réellement ?
- Varier ses styles de communication selon les profils
- Travailler son écoute active
- Demander du feedback sur sa posture managériale
- Observer les leaders modélisants dans son entourage
Cette compétence devient un véritable atout pour les managers confrontés à la complexité de leur mission : elle permet de s’adapter aux personnes, aux situations, aux contextes et à la combinaison de l’ensemble.
L’approche Kuribay : révéler le potentiel des managers
Chez Kuribay, nous accompagnons les dirigeants et managers dans le développement de leur posture managériale, à travers des dispositifs sur-mesure : coaching, formation, évaluation 360°, séminaires collectifs. Nous croyons que l’intelligence situationnelle est un levier de performance durable, à condition d’être cultivée avec méthode et exigence. Notre équipe vous aide à identifier vos points d’appui, à affiner votre posture et à faire de votre leadership un facteur d’engagement pour vos équipes.